Vous avez un seul deck Talentstorming pour découvrir et valoriser les appétences de votre équipe. Voici cinq formules d’utilisation, du tri que vous faites pour vous-même jusqu’à la séance qui réunit toute l’équipe.
Chacune est détaillée étape par étape, avec ses durées, ses plus et ses moins.
Lisez d’abord les deux sections communes, qui valent pour les cinq formules. Choisissez ensuite celle qui correspond à votre situation.
Les fondamentaux
Ce que le deck révèle, et ce qu’il ne révèle pas
Une appétence est une attirance vers certaines activités. Elle se reconnaît de l’intérieur, la personne sait ce qui l’anime, et elle peut le déclarer sans avoir à le prouver.
Un talent et une compétence obéissent à une autre logique. Ils demandent une validation extérieure, par un résultat obtenu, par un regard tiers ou par une évaluation. Un tri de cartes ne peut pas les établir.
Retenez cette limite avant de commencer, quelle que soit la formule retenue. À la fin d’un tri, vous savez ce qui attire la personne. Vous ne savez pas encore ce qu’elle réussit, et c’est la conversation qui suit qui fera ce travail.
Les quatre indices, qui fonctionnent sans matériel
Repérez une activité que la personne pratique régulièrement. Quatre signes indiquent que cette activité fait appel à une de ses appétences.
L’énergie
Elle en ressort plus motivée qu’elle ne l’était en s’y mettant.
Le retour
Elle y revient d’elle-même, sans que personne le lui demande.
La gratuité
Elle la pratique hors de son périmètre, sans public et sans que cela compte dans ses objectifs.
La facilité
Elle y avance là où d’autres peinent.
Ces quatre indices produisent une hypothèse fondée sur du comportement observé. Le deck sert ensuite à la vérifier avec la personne concernée. Trois des cinq formules ci-dessous s’appuient sur cet ordre.
Choisir votre formule en une minute
| Formule | Durée | Decks | À choisir quand |
|---|---|---|---|
| Le tri pour soi | 45 minutes | 1 | Vous découvrez l’outil et vous voulez le pratiquer avant de le proposer |
| Le prêt du deck | Quelques jours, puis 45 minutes | 1 | Vous cherchez la sélection la plus sincère et le calendrier vous laisse du temps |
| Le tri en tête-à-tête | 60 minutes | 1 | Vous avez une seule fenêtre avec la personne et vous acceptez un biais |
| Le tri croisé | 90 minutes sur deux séances | 1 | Vous voulez la conversation la plus riche avec un seul deck |
| Le tri collectif | 90 minutes | 1 par participant | Vous voulez installer un vocabulaire commun en une seule séance |
Formule 1
Le tri pour soi
Vous triez le deck pour vous-même, avant d’en parler à quiconque. Vivre la démarche par vous-même est le meilleur moyen de savoir comment la proposer ensuite à un collaborateur, une personne à la fois.
Durée
45 minutes
Decks
1
Participants
Vous seul
Étapes
5
Étaler les soixante cartes
Étape 1 · 5 minutes
Posez les cartes face visible sur une table dégagée d’au moins un mètre vingt. Mélangez les domaines plutôt que de les regrouper, pour éviter de raisonner par catégorie avant de raisonner par attirance.
Trier en trois piles
Étape 2 · 15 minutes
Formez une pile de ce qui vous décrit, une pile de ce qui ne vous décrit pas, et une pile de doute. Avancez vite, la première réaction vaut mieux que la réflexion sur une carte isolée.
Réduire à six cartes
Étape 3 · 10 minutes
Ramenez la première pile à six cartes exactement. La contrainte du nombre fait tout le travail, alors résistez à la tentation d’en garder sept.
Désigner votre superpouvoir et vos anti-appétences
Étape 4 · 5 minutes
Choisissez parmi vos six celle qui domine les autres, celle qui transparaît dans vos actions même quand vous n’y pensez pas. Prenez ensuite trois cartes dans la pile écartée, celles qui vous rebutent le plus.
Croiser avec votre semaine
Étape 5 · 10 minutes
Listez cinq tâches habituelles. Pour chacune, notez laquelle de vos six cartes elle mobilise, ou laissez vide si aucune ne s’applique. Les lignes vides sont vos candidates à la délégation, et elles vous serviront de matière pour la première conversation que vous mènerez avec un collaborateur.
Formule 2
Le prêt du deck
Vous confiez le deck à un collaborateur pour quelques jours. Il trie chez lui, à son rythme, et vous vous retrouvez ensuite pour en parler.
Durée
Quelques jours, puis 45 minutes
Decks
1
Participants
Une personne
Étapes
6
Poser le cadre au moment de la remise
Étape 1 · 10 minutes
Annoncez trois choses avant de tendre la boîte. Sa sélection lui appartient et ne remonte à personne. Elle ne sert pas à l’évaluer et n’entre dans aucun entretien de performance. Elle peut refuser sans avoir à se justifier.
Cette annonce détermine la qualité de tout ce qui suit. Le jour où un collaborateur soupçonne que ses cartes alimentent un dossier, plus personne dans l’équipe ne trie honnêtement.
Donner la consigne de tri
Étape 2 · 5 minutes
Trois piles, puis six cartes, puis un superpouvoir et trois anti-appétences. Précisez qu’un exemple concret par carte retenue sera demandé, ce qui empêche la sélection de rester théorique.
Laisser le deck partir
Étape 3 · 3 à 7 jours
Fixez la date de restitution au moment de la remise. Un prêt sans échéance revient rarement, et le deck immobilisé bloque toute la file d’attente derrière lui.
Mener l’entretien de restitution
Étape 4 · 30 minutes
La personne présente ses six cartes avec un exemple pour chacune. Votre travail consiste à demander un second exemple sur les cartes qui vous surprennent, et à noter les situations qu’elle cite plutôt que les mots qu’elle emploie.
Sortir avec deux décisions
Étape 5 · 15 minutes
Une tâche qu’elle arrête, avec le nom de la personne à qui elle passe. Une tâche qu’elle récupère parce qu’elle mobilise son superpouvoir. Datez les deux.
Reprendre le deck et le préparer pour le suivant
Étape 6 · 5 minutes
Photographiez la sélection avant de remélanger, puisque les cartes vont repartir. Remettez la feuille de sélection à la personne, sans en garder de copie si vous avez annoncé la confidentialité.
Formule 3
Le tri en tête-à-tête
Le deck reste chez vous et vous l’apportez en entretien individuel. La personne trie devant vous, et la conversation s’enchaîne dans la foulée.
Durée
60 minutes
Decks
1
Participants
Une personne
Étapes
6
Poser le cadre
Étape 1 · 5 minutes
Les mêmes trois annonces que pour le prêt, faites avant de sortir les cartes de la boîte. Ajoutez que vous resterez silencieux pendant le tri, ce qui évite que votre silence soit interprété comme un jugement.
Étaler et laisser trier
Étape 2 · 15 minutes
Trois piles, sans commentaire de votre part. Une règle vaut pour vous pendant ce quart d’heure. Vous ne commentez aucune carte, vous n’expliquez aucun terme au-delà de ce qui est écrit dessus, et vous ne réagissez pas aux hésitations. Chaque intervention oriente la sélection.
Réduire à six
Étape 3 · 10 minutes
Profitez de ce moment pour noter les cartes qu’elle repose et reprend plusieurs fois. Ces allers-retours signalent soit une appétence qu’elle n’ose pas revendiquer, soit une compétence qu’elle confond avec une attirance.
Superpouvoir et anti-appétences
Étape 4 · 5 minutes
Demandez le superpouvoir avant les anti-appétences. L’ordre inverse installe une tonalité négative qui pèse sur la fin de la séance.
Conversation sur les exemples
Étape 5 · 15 minutes
Un exemple concret par carte retenue, tiré des six derniers mois. Une carte sans exemple est une carte choisie pour ce qu’elle évoque, pas pour ce qu’elle décrit. Reposez-la sur la table et demandez-en une autre.
Deux décisions et une date
Étape 6 · 10 minutes
Une tâche arrêtée, une tâche récupérée, et un point de suivi fixé à trente jours dans les deux agendas.
Formule 4, recommandée
Le tri croisé
Vous triez d’abord pour la personne, puis elle trie pour elle-même, et la conversation porte sur l’écart entre les deux sélections. Un seul deck suffit, puisque les deux tris se font l’un après l’autre.
Quatre-vingt-dix minutes au total, réparties en quinze minutes de préparation seul et soixante-quinze minutes avec la personne. Le point de suivi à trente jours se planifie séparément.
Durée
90 minutes
Decks
1
Séances
2, plus un suivi
Étapes
7
Observer avec les quatre indices
Étape 1 · au fil de l’eau
Avant toute chose, repérez une ou deux activités que la personne pratique régulièrement, et cherchez lequel des quatre indices vous y reconnaissez. Cette observation se fait au fil de l’eau, sans rendez-vous.
Faire votre tri
Étape 2 · 15 minutes
Retenez trois cartes que vous supposez chez elle. Pour chacune, écrivez la situation précise qui vous y a fait penser, avec une date si vous l’avez. Rangez cette feuille et ne la montrez à personne.
Trois cartes suffisent. Une hypothèse plus large devient un portrait, et un portrait se défend au lieu de se discuter.
Faire trier la personne
Étape 3 · 30 minutes
Trois piles, six cartes, un superpouvoir et trois anti-appétences, sans qu’elle connaisse votre sélection. Le tri peut se faire devant vous ou en prêt, selon le temps dont vous disposez.
Écouter sa sélection en premier
Étape 4 · 10 minutes
Elle présente ses six cartes avec un exemple pour chacune. L’ordre compte. Si vous présentez vos cartes d’abord, elle ajuste les siennes et l’écart disparaît.
Poser vos trois cartes et traiter l’écart
Étape 5 · 20 minutes
Trois cas se présentent, et chacun appelle une réponse différente.
Cas 1, accord apparent
Vous aviez retenu la même carte qu’elle. Vérifiez que vous parlez de la même chose. Deux personnes retiennent Détermination pour des raisons opposées, l’une parce qu’elle va au bout de ce qu’elle commence et l’autre parce qu’elle résiste à la pression. Demandez un second exemple avant de conclure à l’accord.
Cas 2, vous voyez plus
Vous aviez vu une carte qu’elle n’a pas retenue. Décrivez la situation observée sans défendre votre choix. Soit vous avez pris une compétence bien exercée pour une appétence, ce qui arrive souvent avec les tâches assumées depuis longtemps. Soit elle exerce cette appétence sans se la reconnaître. L’indice de l’énergie tranche entre les deux.
Cas 3, le plus utile
Elle a retenu une carte que vous n’aviez jamais remarquée. Demandez dans quel contexte cette appétence s’exprime, y compris hors du travail, puis cherchez ce qui l’empêche de s’exprimer dans son poste actuel. Une appétence invisible au bureau signale presque toujours une contrainte d’organisation.
Deux décisions
Étape 6 · 15 minutes
Une tâche que la personne arrête, avec le nom de celui ou celle à qui elle passe et l’indice qui vous fait penser que cette personne y a une appétence. Une tâche qu’elle récupère parce qu’elle mobilise son superpouvoir. Cette seconde moitié est celle que les managers oublient, et c’est pourtant elle qui donne à la démarche son intérêt du point de vue du collaborateur.
Revenir dessus à trente jours
Étape 7 · 15 minutes, rendez-vous distinct
Trois questions suffisent. La tâche arrêtée l’est-elle vraiment, ou est-elle revenue par la porte de derrière ? La tâche récupérée a-t-elle produit l’effet attendu sur son énergie ? Une des six cartes lui paraît-elle moins juste avec le recul ?
La troisième question a une valeur particulière. Une sélection qui bouge après un mois signale une appétence mal identifiée, et ce doute vaut mieux qu’une confirmation de complaisance.
Formule 5
Le tri collectif en réunion d’équipe
Toute l’équipe trie en même temps, dans la même salle. Cette formule demande un deck par participant, pour les raisons détaillées dans l’encart qui suit.
Durée
90 minutes
Decks
1 par participant
Participants
Toute l’équipe
Étapes
7
Poser le cadre devant le groupe
Étape 1 · 10 minutes
Les trois mêmes annonces, faites collectivement. Ajoutez une quatrième règle propre au collectif. Chacun décide de ce qu’il partage, et le silence sur une carte reste une réponse acceptable.
Expliquer la distinction
Étape 2 · 10 minutes
Appétence, talent et compétence, avec les trois questions correspondantes. Est-ce que j’aime le faire, est-ce que cela m’est facile, et est-ce que je maîtrise. Cette explication vaut pour tout le monde en une seule fois, ce qui constitue le gain principal de la formule.
Tri individuel simultané
Étape 3 · 30 minutes
Chacun trie son propre deck à sa place, sans échanger. Le silence de la salle pendant ces trente minutes surprend souvent, et il vaut mieux l’annoncer à l’avance.
Partage en binômes
Étape 4 · 15 minutes
Chacun présente son superpouvoir et deux de ses six cartes à son voisin, avec un exemple par carte. Le binôme précède le grand groupe, parce qu’une personne qui a déjà formulé son choix à voix haute une fois le formule mieux la seconde.
Le tour de table croisé
Étape 5 · 20 minutes
Chacun nomme une carte qu’il attribue à son voisin de droite, en justifiant par une situation observée. Cette étape produit des appétences déclarées par le regard des autres, ce qui complète utilement l’auto-déclaration et met en évidence les écarts sans mise en cause.
La carte de l’équipe
Étape 6 · 10 minutes
Affichez au mur les superpouvoirs de chacun, regroupés par domaine. Deux informations sortent immédiatement, les domaines surreprésentés et les domaines absents. Un domaine absent explique souvent un point de friction récurrent que l’équipe attribuait jusque-là à des personnes.
Un engagement par personne
Étape 7 · 5 minutes
Chacun annonce une tâche qu’il arrête et une qu’il reprend, à voix haute devant le groupe. L’engagement public tient mieux que l’engagement écrit sur une feuille qui finira dans un tiroir.
Notre recommandation
Pourquoi nous conseillons d’avoir un deck par participant
Les quatre premières formules fonctionnent avec un seul deck. La cinquième exige un deck par personne, et quatre raisons justifient cet équipement.
Deux personnes ne peuvent pas retenir la même carte
C’est la contrainte matérielle décisive. Avec un deck unique posé au centre de la table, la carte Organisation prise par un membre devient indisponible pour les autres. La séance force alors une différenciation artificielle, où chacun se voit attribuer ce qui reste plutôt que ce qui le décrit. Quand chacun possède son deck, deux profils Organisation dans la même équipe deviennent une information exploitable sur la répartition des rôles.
La file d’attente détruit l’effet collectif
Pour une équipe de huit personnes en formule prêt, comptez plusieurs semaines avant que la dernière ait trié. La première aura oublié la moitié de sa conversation quand la dernière commencera, et le vocabulaire commun ne s’installe jamais. Personne ne dit « c’est ton Systémisme qui parle » si la moitié de l’équipe n’a pas encore vu les cartes.
Le deck reste chez la personne et continue de travailler
Elle y revient avant un entretien annuel, au moment d’une candidature interne ou lors d’un changement de poste, parce que la lecture de ses appétences évolue avec les situations qu’elle traverse. Un deck rendu retourne dans un tiroir, et la démarche s’arrête le jour de l’atelier.
La propriété du matériel change le statut de l’exercice
Un deck prêté appartient à l’entreprise, donc le tri ressemble à une procédure. Un deck remis appartient à la personne, donc le tri ressemble à un travail sur soi. Cette différence de perception pèse plus lourd sur la sincérité des sélections que toutes les précautions de cadrage réunies.
Un argument mérite d’être entendu avant de commander huit boîtes. Un deck unique suffit à tester la démarche sur deux ou trois personnes et à vérifier qu’elle vous convient. Menez un tri croisé complet, puis décidez de l’équipement de l’équipe.
Les quatre erreurs qui abîment la démarche
Transformer le tri en évaluation
Une appétence ne se note pas. Dès qu’elle sert à mesurer, elle cesse d’être déclarée honnêtement.
Déléguer sans vérifier l’appétence du receveur
Une tâche qui ne mobilise aucune de vos appétences ne devient pas légère parce que quelqu’un d’autre la fait. Cherchez la personne pour qui elle en mobilise une, et dites-lui pourquoi vous pensez à elle.
Assigner des cartes à des postes
Décider à l’avance quelles appétences conviennent à un rôle transforme un outil de conversation en grille de sélection.
S’arrêter au constat
Un tri qui ne débouche sur aucune décision datée produit une conversation agréable et rien d’autre.
Ce que vous faites cette semaine
Commencez par la formule 1, sur vous-même, puisqu’elle ne demande l’accord de personne. Choisissez ensuite une personne de votre équipe et menez un tri croisé complet. Une conversation de ce type suffit à savoir si vous voulez la mener avec les autres, et à décider si vous équipez toute l’équipe.



